La ligature
Auteur : Ginkgo
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La maîtrise de la ligature est essentielle dans la formation d'un bonsaï. Qu'il s'agisse d'un jeune plant ou d'un arbre abouti, le bon placement des ligatures permet de construire dans l'espace, un tronc, une branche, une racine, un rameau et son feuillage.
La ligature pour quoi faire
La pose d'une ligature requiert rigueur et réflexion. Lorsqu'on a l'arbre face à soi, le projet de construction de l'arbre doit déjà être bien établi, pour que la ligature soit efficace et esthétique.
Un jeune plant réclamera une ligature principalement pour donner du mouvement au tronc, accompagnée de la ligature sommaire des branches charpentières. Sur un arbre déjà formé et construit, les travaux de ligature auront pour objet les placements des branches secondaires et tertiaires, jusqu'au bout des rameaux, pour distribuer la végétation dans les plans horizontaux et verticaux.
Les branches ligaturées seront positionnées de façon à ce que chacune d'elle reçoive la lumière nécessaire au développement de son feuillage, à la stimulation des bourgeons adventifs dans la recherche d'un bourgeonnement arrière. Vu du dessus, les branches seront distribuées régulièrement en "patte d'oie".
La ligature des branches offre la possibilité de les modeler dans l'espace, en créant courbes et ruptures de courbes tout en leur donnant un aspect naturel et irrégulier. Chaque branche est également inscrite dans la configuration générale de l'arbre, selon des critères esthétiques précis, en respectant l'espèce, les pleins et les vides, les espaces vides principaux et secondaires, etc.... Les conifères ont des branches naturellement inclinées vers le bas, contrairement aux feuillus des plaines ou des forêts dont les départs, au niveau du tronc, sont forcément orientés vers le haut, même si les branches s'inclinent ensuite sous le poids des ans.
Avant de déterminer le projet de construction de l'arbre, il convient donc de s'inspirer étroitement de l'arbre dans son environnement naturel.
Se reporter aux ouvrages traitant de l'esthétique et notamment les excellents ouvrages:
- Techniques du Bonsaï tomes 1 et 2 de John Yoshio Naka en anglais (édition en français hélas épuisée),
- Esthétique et Bonsaï : les règles de base de François Jeker tomes 1 et 2,
- Les Fondamentaux de l'Esthétique petite brochure aux Editions EDG.
D'autres ouvrages plus spécialisés sur les différentes espèces contiennent également une approche esthétique:
- Les Pins en Bonsaï de Abe Kurakichi
- Les Genévriers – ouvrage collectif
Le matériel
Il existe deux types de métaux : l'aluminium, anodisé ou non, et le cuivre. Pour l'amateur néophyte, comme pour l'amateur expérimenté, le fil d'aluminium est le plus simple et le plus facile d'emploi. Il est disponible dans le commerce en bobines de 80g, 500g et 1kg, dans des diamètres progressifs de : 1mm; 1,5mm; 2mm; 2,5mm; 3mm; 3,5mm; 4mm; 4,5mm; 5mm; 5,5mm; 6mm; 6,5mm; 7mm.
L'intérêt du cuivre est qu'il peut être récupéré à partir de câbles électriques dont il faut, en préalable, ôter le gainage plastique. Il faudra le recuire à une température de 400° environ pour lui donner toute la souplesse nécessaire. L'usage de cuivre écroui étant obligatoire dans les six mois, passé ce délai il risque de perdre toute élasticité.
Il est disponible, recuit d'importation japonaise, en diamètres : 0,7mm; 0,9mm; 1,2mm; 1,6mm; 2mm; 2,6mm: 3,2mm; 4mm (source Maillot Bonsaï). La pose de fils de cuivre requiert habileté et dextérité, en maîtrisant parfaitement les techniques de pose.
Avantages du cuivre:
Le cuivre écroui durcit et devient rigide avec le temps, les branches ligaturées restent parfaitement en place. Par rapport à l'aluminium, on obtient le même résultat avec des sections de fil plus faibles. L'utilisation de câbles électriques recuits en fait un matériau peu cher pour ceux qui en font une grande consommation.
Inconvénients :
Sa dureté fait qu'il devient cassant et son déligaturage impose de le couper. L'oxydation du cuivre tache l'écorce et peut s'avérer très toxique pour certaines espèces. Le cuivre écroui d'importation japonaise est environ deux fois plus cher que l'aluminium.
Avantages de l'aluminium :
Sa grande flexibilité le rend facile à poser. En outre il peut être réutilisable s'il est convenablement déligaturé. L'aluminium anodisé n'est pas toxique et ne tache pas.
Inconvénients :
La section à utiliser est plus importante que celle du cuivre pour une semblable action. Produit d'importation, il est cher à l'achat.
Selon le travail envisagé, le choix des diamètres de fils à utiliser est prépondérant. Grosso modo, et à titre indicatif, le diamètre du fil représente 1/3 du diamètre de la branche à ligaturer.
La pose de ligature pour plier un tronc, ou lui donner du mouvement dans l'espace, peut s'avérer inefficace, même avec un fort diamètre. Nous verrons quelles techniques peuvent être mise en œuvre alors.
La ligature sera laissée en place pour maintenir branche ou tronc, en l'inspectant régulièrement durant la saison de pousse, pour éviter tout marquage de l'écorce. Les outils indispensables:
- une pince pour couper les ligatures
- une pince pour serrer les ligatures entre elles
A gauche les pinces coupantes, la taille variant selon le diamètre du fil, à droite la pince à serrer les spires ou pince à jin qui sert également à déligaturer.